Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Vachère d'A Côté
Publicité
La Vachère d'A Côté
Publicité
Archives
Publicité
Derniers commentaires
Catégories
Publicité
1 février 2012

L'électronique c'est fantastique

Photos-0170

Comme on n'arrête pas le progrès, et que l'agriculture a aussi le droit d'avancer, on se retrouve avec de plus en plus de gadgets, un peu partout.

 

C'est comme les téléphones tactiles, les premiers étaient relativement aléatoires ; je me souviens encore du téléphone d'un ami, en 2007-2008, je n'avais qu'à le regarder pour qu'il active tous les boutons en vrac !  Et si j'avais le malheur d'approcher un doigt du machin, il buggait.

 

Maintenant, il y a les Iphones et autres tablettes, qui sont, il parait, précis.

 

Moi j'ai les mains qui sont restées bloquées en 2007, je suis incapable d'en tirer quoi que ce soit !

 

 

Au début de l'électronique sur les fermes, on avait les postes à décro, avec ou sans comptage du lait trait ; des trucs avec des vrais boutons "mécaniques", qu'il fallait actionner pour obtenir la commande, comme un clavier d'ordinateur.

Les isolations et circuits restaient quand même fragiles, et le matériel "étanche" l'était pas toujours (notamment les petits boîtiers carrés AlphaLaval, avec trois boutons, "Auto, start, stop" et les trois diodes : une bleue, une rouge, et une orange pour indiquer s'il y a du débit.). Il faut absolument éviter de les humidifier, les circuits grillent comme de rien, et dans les salles de traite, rien que la condensation peut les esquinter.

 

Sur les tracteurs, on a eu l'inverseur au volant, juste un cliquet à pousser ou tirer, et les boutons sur le levier pour les demi-paliers et les régimes (tortue ou escargot, lapin...). Fini les vitesses mécaniques qu'on passe au levier !

 

Je vais pas refaire la Genèse, tout ça pour dire qu'on a eu une sacrée évolution quand même, nous aussi.

 

Et cette semaine, je suis sur une ferme sympa que j'aime beaucoup : 70 vaches (montbéliardes et Abondances, plus quelques tarines pour le plaisir) posée au milieu d'un plateau. Les génisses sont à l'attache dans le vieux corps de ferme plus bas sur la route ; et le lait est fabriqué : Abondance, reblochon, tomme, fromage blanc, raclette aussi je crois...

 

Le bâtiment est récent, et la salle de traite neuve : une Boumatic, 2x8 en TPA (donc deux quais de huit places chacun, en traite par l'arrière), avec décro etc.

 

Boumatic, c'est rigolo, ludique, simple, pratique.

 

Et électronique.

 

Cette salle de traite ci a la particularité de disjoncter une fois par semaine, pendant le lavage en général : tout s'éteint, les chaines de décro remontent, c'est rigolo, intéressant, mais merdique.

Donc, à partir du lundi en général (elle a tendance à sauter le mardi), on détache les mousquetons des griffes quand on les installe pour le lavage : si elle tilte, on aura pas à replacer les 64 manchons dans leurs logements.

 

Sinon, autre différence par rapport aux tpa habituelles, au lieu d'avoir la ligne de barres d'épaules qui se lève quand on ouvre (exactement comme dans les manèges à sensations, qui secouent), c'est un grand cadre qui tourne autour d'un axe ; les vaches se calent contre la plaque inférieure du cadre, et quand on ouvre le cadre tourne, la plaque devant les vaches se lève, et elles sortent ; puis le côté du cadre qui était en haut redescend dans la continuité du mouvement pour servir de cale pour le lot suivant ; etc. Sur ce coup là, c'est le même fonctionnement que les vieux miroirs sur les tables de toilette, ou les psychés.

 

La porte d'entrée, au lieu d'être une "grille" qui s'ouvre vers le haut comme une chatière, c'est deux portes en tubes qui s'ouvrent.

 

 

Et il y a seulement deux boutons pour la traite. Ca n'affiche par contre pas le débit, ni la quantité de lait, ni rien. 

Les commandes sont "intégrées" sur les plaques des pare-bouses. 

Y'a les boutons, une diode au dessus de chacune.

 

Un bouton "manuel", et un "marche/arrêt". Des jolis boutons chromés, qui ne bougent pas. Quand le "manuel" est activé, la loupiote au dessus est allumée, jaune-orangé.

Quand il n'y a pas de lait qui coule dans les tuyaux, celle au dessus de "Marche/arrêt" est allumée rouge.

 

Et cette salle de traite, même si elle est très agréable, c'est mon cauchemar.

 

Parce que les boutons sont TACTILES. En quelque sorte. Ils détectent le contact, la chaleur, je sais pas. Mais ça sert à rien d'appuyer, il faut juste toucher.

 

Une touche sur le bouton manuel, la lumière jaune s'allume.

 

Une touche sur le bouton marche, la griffe se met sous vide, et la chaine du décro se détend : on peut brancher.

Quand on active une griffe, celle située à sa gauche pour le quai de gauche, et celle de droite pour le quai de gauche, remonte automatiquement à hauteur de poitrine pour qu'on n'aie plus qu'à la présenter : on retient la griffe, appuie sur le bouton, la chaine se détend, et on branche.

 

C'est joli à voir, c'est pratique. 

 

Quand une griffe se met sous vide, ça fait un genre de "pch", comme les freins pneumatiques des bus et des camions. Et la griffe d'à côté remonte. 

Si on veut décrocher une vache, une touche sur le bouton de droite, "marche/arrêt", et le vide se coupe, le décro s'enclenche, la griffe est débranchée et remontée automatiquement, puis redescendue pour qu'on ne soit pas gêné pour tremper les trayons et laver le lot suivant.

Le problème (parce qu'il y a évidemment un problème), c'est que même si je fais s'ouvrir les portes et s'allumer les lumières reliées à un détecteur de mouvement (comme dans les magasins, les parkings, etc...), je ne suis pas reconnue par les boutons la plupart du temps.

 

Je touche le bouton marche un coup : rien. Un deuxième coup : rien.

J'appuie : aucun résultat. Je recommence : ah, tiens, y'a du changement, c'est le MANUEL qui s'est activé. Génial. 

Je réappuie sur mon bouton : la griffe se met sous vide, s'arrête, la chaine descend, remonte, puis redescend. Cool !

On recommence. Là, enfin, ça peut marcher. Je branche ma vache, et touche le bouton manuel pour réactiver le décrochage automatique.

Que dalle.

Je retouche : même joueur joue encore.

J'appuie : le bouton clignote lentement. Ah merde, v'là aut'chose.

Je touche : il clignote vite. Oups... qu'est-ce qui se passe ?

J'appuie : il se remet à briller sans interruption.

Bordel... ça commence à me courir... 

J'appuie longuement : ça a activé le bouton d'arrêt, la chaine se tend et commence à décrocher ! je touche le bouton de marche, c'est bon, ça a pas eu le temps de l'enlever.

Je souffle un coup, me frotte les mains sur ma cotte, re touche une dernière fois, si ça marche pas j'appelle Jean-Pierre, le vacher.

IL S'ETEIND !!!! halleluia !!!

 

Je surveille quelques secondes que ça ne cafouille plus, et me retourne : le vacher me regarde, hilare.

 

Il n'y est pour rien, c'est juste que la fois où j'étais venue, l'année dernière, au mois de mars, je passais la traite à jurer contre ces trucs... Je n'arrivais même pas à lancer le cycle de lavage ! et ça continue...

 

Et lui ça l'amuse....

 

 

Photo : la salle de traite ce matin pendant le lavage : température extérieure au bâtiment : -8°C, salle de traite, aucune idée, eau dans les tuyaux : 80°C. D'où cette magnifique image surréaliste...

Publicité
Commentaires
P
Viens voir au village.<br /> Ici pas de tracteur tactile, ni de machine à traire tactile ;)
Répondre
F
Autant je suis d'accord avec le "progrès" en ce qui concerne le matériel, autant vis à vis des animaux, je reste sceptique..le temps passé à avoir l'oeil sur l'électronique, c'est du temps en moins à "regarder" les vaches pendant ce moment privilégié de la traite. Un de nos copains agri s'est lancé dans le robot, il y a deux ans. Actuellement, il pense revenir à la bonne vieille salle de traite..car il est passé à côté de beaucoup de "pépins" sur ses vaches..<br /> <br /> Je viens de passer un bon moment à lire tes articles précédents et je ne peux que redire ton talent d'écriture et le ton si juste ..<br /> <br /> J'ai bien aimé le "coup de l'oie"..<br /> <br /> Bon courage pour le boulot par ces temps de froidure.
Répondre
P
J'aime beaucoup la photo, assez... surréaliste. On se demande si une vache fantomatique ne va pas sortir de toute cette vapeur. Ou un fantôme de vachère ?
Répondre
C
Ah bah je vois qu'on a la même affinité avec l'électronique et surtout tout ce qui est tactile. J'ai également du mal avec ces machins là... Ma hantise c'est quand je fais la copilote dans une voiture et qu'on me demande de programmer le GPS où tout est tactile bien entendu. Je mets trois plombes pour obtenir un truc et soit, l'acolyte à côté s'impatiente et prends le bidule de mes mains, soit, je fais office d'attraction du jour où l'on rigole quand je peste contre le GPS. Après, on se demande pourquoi je n'ai toujours pas de GPS alors qu'on me dis de plus en plus d'en prendre un(car il m'arrive bien de me perdre tête en l'air que je suis). Mais je ne sais pas, je n'arrive pas à me résoudre, j'en suis encore à l'ère des cartes(que je trouve parfois plus utile qu'un GPS) et des parcours Mappy. Bref, pour revenir à ton article, je ne comprends pas forcément tout ce que tu racontes quand tu parles des machines dans la ferme mais je te comprends. Et je suis également contente que tu te retrouves dans une ferme qui te plaise :) Oh, en plus, ça m'intéresse s'ils font de la tomme, de l'abondance et du rebloch' XD En tout cas, je pense très fort à toi du fin fond de mon Isère natal!
Répondre
Publicité