Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Vachère d'A Côté
Publicité
La Vachère d'A Côté
Publicité
Archives
Publicité
Derniers commentaires
Catégories
Publicité
6 décembre 2018

Rémanence

Ce soir, je suis rentrée de ma pesée en pleurant à chaudes larmes et gros sanglots.

Pas en raison de la pesée, de l’éleveur, ou de problèmes sur son troupeau (même s’il est plutôt poissard), ni en raison de soucis personnels.

 

C’est beaucoup plus simple, et crétin.

Cet éleveur utilise le même savon à mamelles que Monsieur Violette.

Quand je suis rentrée dans l’estanco où il y a l’évier, les savons, produits, et où il met ses lavettes à tremper, je me suis pris une grosse, très grosse bouffée de nostalgie et de mélancolie.

 

Avec l’éleveur on a discuté un moment de vaches, de leurs personnalités, j’ai évoqué ma Gala douce, qui se cachait derrière moi-même quand elle était grande, pour que les autres ne l’embêtent pas, de mes Rosine et Oasis, quand j’étais ado…

 

C’est peut-être un peu tout ça.

 

Donc, j’ai salué l’éleveur et son père, suis montée dans ma voiture, ai quitté la ferme, et me  suis mise à sangloter.

Un sentiment de manque, de chagrin, de bonheur enfui m’a submergé comme une vague.

Ma ferme à Bisounours me manque depuis le dernier jour où j’y ai travaillé. J’y pense souvent, même si j’évite de trop me pencher sur le sujet, ça fait encore trop mal.

Cet éleveur était le plus humain que j’ai rencontré, les rides qui plissaient son visage quand il souriait, toujours largement, illuminaient tout même quand les journées étaient sinistres.

Sa mère, douce, chez qui on buvait du thé au jasmin dont je n’ai jamais retrouvé le goût nulle part, et qui nous faisait toujours des pâtisseries à tomber par terre.

Son fils cadet, dont j’étais un peu amoureuse, tellement gentil et avec un si beau sourire.

Et, évidemment, le troupeau, sur lequel j’ai déjà écrit des tartines.

 

Ces gens et cette ferme m’ont rendue plus heureuse et vivante, et entière, que peu depuis. A part ma  fille.

 

Sauf que c’est fini, fini fini, je ne pourrai plus jamais revivre tout ça, sauf en pensées et en rêves.

Il a liquidé une bonne partie du troupeau, arrêté le lait (en théorie), et on a tous vieilli.

 

Il ne me reste que des souvenirs, et des odeurs… Et ça me chagrine…

Publicité
Commentaires
F
Perso, la mélancolie, je trouve ça beau. Toute chose se termine de toute façon, mais peu s'enveloppent de ce pouvoir de t'accompagner de leur douceur aussi longtemps, aussi loin, de manière aussi profonde. Ces moments t'appartiennent quoi qu'il arrive, ils existent, et la mélancolie n'est qu'un petit bout de cette beauté rémanente.
Répondre
L
J'ai pleuré il y a 15 jours pour les vaches avec qui je travaillais en début d'année. Ma vie d'avant aussi puisque j'ai tout arrêté (patrons qui ne payaient pas, gros accident). Je pensais pouvoir tourner la page et me consacrer à autre chose. J'ai un nouveau job ailleurs avec des horaires de bureau. L'homme est agriculteur mais a viré les vaches avant que je sois avec lui. Je regarde les céréales pousser avant de partir mais certains soirs j'ai mal au coeur en repensant à celles que j'avais à traire, au sale caractère de la blanche qu'il fallait prévenir avant de tremper sinon elle avait la patte légère, à ma noire et blanche qui me suivait comme un chien et était docile (avec moi) comme un poney, à la petite que j'avais fait naître et qui ne buvait qu'avec moi (j'ai toujours sa boucle), ça me tire les larmes. J'ai perdu tout contact avec là-bas, même mon peseur du contrôle a arrêté, il m'a dit que depuis mon départ c'était plus pareil. Alors quand ça me manque trop, je retourne chez mes anciens formateurs, un matin du week-end, quand les ouvriers ne sont pas là, et je descends dans la fosse pour brancher les vaches, nourrir les veaux, voir les nouvelles, les écouter parler. Ce n'est pas le même troupeau mais je respire un peu et je suis entourée de bienveillance. <br /> <br /> Le reste n'est que souvenirs et photos.
Répondre
1
La vie t’accompagne à longueur de temps, avec ton cœur tu vas en recroiser de ces belles émotions. Voilà qui vas te remplir de nouveaux et beaux souvenirs, que tu pourras feuilleter faire revivre avec amour de temps à autres même si une petite larme s’y pointe.<br /> <br /> Je n’ose l’avouer, mais il m’arrive de me retrouver moi aussi avec certains moments pleins d’émotions .<br /> <br /> Pierre
Répondre
D
C'est tout un pan de ta vie qui remonte avec les très bons moments, et les moins bons qui t'ont obligé à changer de vie. C'est bien qu'il te reste ces très très bons moments : un rayon de soleil permanent.<br /> <br /> Bon courage pour tout
Répondre
L
L'émotion fait partie de notre vie et il ne faut pas la rejeter, c'est ce qui nous rend plus humain. Mais il reste encore certainement d'autres grandes joies à venir, pas nécessairement chez un éleveur, alors, patience et optimisme. Ceci dit, moi aussi, parfois j'ai de grandes émotions sur ma vie passée. Alors, je fais comme toi, je pleure en cachette. Mais ne sommes-nous pas un peu tous pareils (à moins d'avoir un cœur de pierre!!!)
Répondre
Publicité