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La Vachère d'A Côté
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La Vachère d'A Côté
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3 octobre 2011

Les joies de l'alpage

Il y a quelques semaines, j'ai reçu un coup de fil de madame Ursuhla.
 
"Salut vachère, j'aurais voulu te demander si t'étais libre ce week-end, ça m'embête un peu de te demander ça, mais depuis le temps que les gamines me tannent, on voudrait faire une randonnée à cheval sur le plateau, tu pourrais traire le samedi soir et dimanche matin s'il te plait ? J'ai 19 vaches à traire, elles sont au même endroit que l'an dernier, où il y a la plate-forme..."
 
Aucun problème, j'ai accepté de suite, avant même de consulter mon viking (qui a du coup tiré un peu la gueule, pour une fois qu'on avait un week-end en commun...). Finalement, vu que c'était pour Ursuhla, ça ne lui a pas posé de problèmes. Il va sans dire que c'est entre nous, pas officiel. Je l'ai fait pour rendre service à une amie, par plaisir.
 
Je l'ai donc rappelée, en lui disant que je serai là samedi matin pour "prendre les consignes". Par contre, gros bug, et pas envie de rappeler. C'était quelle heure déjà ??? ça fait six mois que je ne suis pas allée travailler chez elle...
Je table sur 5h30.
 
Samedi matin, je saute du lit, m'enfile un café, passe à la boulangerie acheter deux trois pains au chocolat pour la route, et c'est parti !
Il fait pas hyper beau, c'est couvert.
En 20 min à peu près je suis sur la ferme : j'ai dû escalader la montagne derrière ma ville, redescendre, et remonter derrière. Jusqu'à mi hauteur, où y'a la ferme ; quand on montera à l'alpage, on la grimpera en entier.
 
Il n'y a personne. J'arrive, j'allume les lumières, je vois que l'étable est "habitée" : manifestement elle a laissé des bêtes ici, qui peuvent entrer et sortir. Ca va encore être un binz... je rigole d'avance.
Je lave le tank, salue le chien (demi-frère du mien, complètement sauvage avec les étrangers. Moi, il m'a même pas jappé, il m'a reconnue !! ça fait plaisir), remplit les boilles d'eau chaude, prépare tout.
Malheureusement, c'est seulement 5h45, je vais devoir attendre un moment qu'elle arrive...
Je prends mon bouquin et me pose.
 
Le Monstre entendra la voiture avant moi, c'est du délire ! Quand la patronne en sort, je m'approche, un sourire niais jusqu'aux oreilles. Ca fait vraiment très plaisir de la revoir ! on se salue, on discute, plaisante... Tout en chargeant la voiture, attelant la boule à lait... elle me donne les consignes, mises en garde, etc...
L'alpage, je l'avais déjà fait en juin dernier, les gestes reviennent vite, il n'y a pas grand-chose de changé.
 
Enfin on embarque. 
 
On monte, par les petites routes sinueuses, sous le lever de soleil. Le paysage est magnifique, à pleurer. Ca me fait toujours le même effet.
Le chemin familier, dernière étape avant le plat. On monte, on monte, en évitant les cailloux monstrueux qui aiment bien accrocher les protège-carter, et d'un coup, le soleil levant en pleine tronche, l'herbe mouillée, la salle de traite...
On ouvre les bouts de fil électrique qui entourent la sdt et le groupe électrogène : ça évite que les vaches trop curieuses viennent renifler tout, et bousent au milieu du passage. La patronne manœuvre pour reculer la boule à lait à sa place, on met tout en place. 
Il n'y a personne, à part nous. On entend les cloches et pottets (les cloches plus sombres, qui font "clong" ) des vaches des troupeaux voisins, sur les buttes éloignées.
 
On ne démarre pas le groupe : "ça use de l'essence pour rien, puisque de toute façon elles ne viennent pas quand elles l'entendent".
On part donc chercher toutes ces demoiselles rouges et blanches, pas pressées. Les deux chiens (la mère des deux est restée à la ferme) nous précèdent en jouant. J'envoie le Monstre chercher les vaches, mais il joue à moitié. Finalement, je me fâche et il y va, mais fait simplement le tour du lot déjà présent, il ne va pas faire le grand tour pour voir s'il en manque. 
 
Donc on continue, elle me montre les coins où les vaches aiment se planquer, on fait le tour des buttes, des creux, tout en discutant, plaisantant, et mangeant les fraises des bois qu'on trouve. 
Quand on arrive à nouveau face à la salle de traite, une longue colonne de vaches y est presque. On n'en a débusqué que 5 sur 19 ! Mais ces saucisses, quand elles nous entendent arriver, elles passent par l'autre coté.
 
Donc on redescend, en les comptant de loin. On en trait 19, mais il y en a 22 en tout : des génisses et des taries font partie du troupeau.
 
Je demande des nouvelles de telle ou telle vache, j'apprends avec stupeur qu'elle a dû vendre les trois quarts du troupeau, elles étaient toutes blindées de cellules. Les boules...
Mais les plus "importantes", celles qui comptent le plus, sont toujours là : Ulla, Coucou, Cadette, Bégonia, Africaine... et bien sûr Ursuhla.
 
Enfin on arrive à la salle de traite, où on démarre le groupe, la machine, et attaque la traite. La patronne reste stupéfaite devant ma mémoire d'éléphant : non seulement je me souviens de tous les noms des vaches, mais en plus je les reconnais !!! Ca sera d'autant plus facile pour donner les croquettes ! Comme je lui dis, son troupeau, j'y suis attachée, donc je le connais...
 
Une fois traites, les vaches restent un peu autour du site, et s'éloignent progressivement en mangeant. Quand elles sont toutes passées, on pousse le lait dans la boule, lave la machine, la plate-forme, etc... Un fois que c'est fini, on est à nouveau seules sur place. Les deux chiens pioncent comme des loques dans la voiture...
 
On rattelle, et on repart. 
 
A la ferme, on branche la pompe sur la boule pour la vider dans le tank ; la patronne m'explique comment et qui traire au pot sur place (une des génisses qui reste ici), et comment faire boire les veaux pas encore sevrés. 
Je suis subjuguée par la qualité des bêtes, la nouvelle génération, présentes : mamelle haute, bien accrochée, une attache arrière à tomber, une super attache avant, un bon volume (pas énorme, mais pas toute petite, juste comme je les aime), des trayons tip top... et la morpho générale : grandes, bien charpentées, solides, massives, mais pas "grso tas". 
Des bêtes comme je les aime. Et gentilles, douces, avec ça !
 
Qand tout est trait, les veaux nourris... on va boire le café chez la mémé d'à côté, qui loue la ferme à la patronne. Ca fait plaisir de la revoir, elle aussi !
Puis on redescend, à 5min, au village d'à côté : chez la patronne, où on va casser la croûte. Petit dèj gargantuesque, avec les gamines. Elles grandissent à une vitesse pas croyable...
A force de discuter, plaisanter, etc... je vais quitter leur foyer tellement accueillant il sera près de midi...
Je reviens vers 16h, la patronne a laissé sa voiture à la ferme (où les chevaux étaient).
 
Je prépare tout, charge, tranquillement. Il y a eu un petit changement de programme : après la traite, je vais chercher la patronne à un coin du plateau, les gamines au lieu de camper dorment chez la mémé de l'autre côté, sur un des versants opposé à la maison. Il fait un temps de merde, elles sont trempées.
 
Pendant la traite, je serai observée telle une bête curieuse par des touristes. J'ai l'habitude, je suis pas franchement aimable, j'aime pas qu'on vienne m'emmerder quand je suis en train de travailler ! et encore moins quand c'est comme ça.
 
J'ai droit à un orage maousse, heureusement quand je n'ai pas besoin de sortir de sous l'auvent. Avec grêle et tout !
Mon chien pionce dans la voiture, évidemment... 
 
 
 
Quant au lendemain... J'ai fait quelques vidéos....
 
L'alpage, ça a plein d'avantages et de bons côtés ; mais aussi quelques inconvénients.
Déjà, on profite de paysages splendides, de moments uniques en pleine nature.
On a la paix, la tranquillité. 
On crève pas de chaud dans une étable étouffante...
 
Par contre, quand il fait pas beau, on se prend la douche.
C'est super bruyant : entre le groupe électrogène quand il y en a un, la machine à traire (le moteur est directement sur la salle de traite, à l'abri, donc des fois c'est DANS la salle de traite quand c'est des modèles avec quai)…
C'est pas forcément hyper simple : faut trimballer la flotte (eau chaude, eau froide...) parce qu'il n'y pas l'eau courante...
On se pète le dos à trimballer les boilles...
 
 
Mais les moments qu'on passe sont tellement magiques, inoubliables, qu'ils rattrapent tout... je vous laisse juger par vous-même...
 

 


Montée en alpage 

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Commentaires
J
@ Philomène : ça me manque tant ! je payerais cher pour avoir encore une fois la sensation de pointer le nez au goulet d' Hurtière : après une marche tranquille sur du quasi plat sur la fin, le V dans la roche, et soudain le vent dans la figure, la vue plongeante sur l' alpage en contrebas, si vaste ! les vaches minuscules, au fond, et en face d' autres sommets, la descente, lente, comme à regret de ne pouvoir rester là tant c' est grandiose ...
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P
A mon tour de te dire merci parce que moi aussi, ça m'a rappelé des souvenirs, tout ça... Les alpages, c'est trop beau.<br /> <br /> (@ Joellebarn : Charmant Som, Grande Sure ? Rhoo, mais je connais bien aussi... vraiment trop chouette.)
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J
contente de vous relire :) j' ai bien aimé ce post, il m' a rappelé mes randos préférées, dans les Alpages de la Chartreuse ( Charmant Son, grande Sure ), vrai que les paysages sont magnifiques à ces hauteurs, mais quand ils sont habités de troupeaux, de sons de cloches, et d' odeurs de bouses au soleil, j' adooooooore :)
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K
Ah là là, la montagne...<br /> <br /> C'est bien beau la Provence, mais l'air salé, le ciel bleu c'est très surfait !
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C
Encore une fois, je dévore ton article qui me captive toujours autant :p <br /> Je ne peux que croire qu'il puisse avoir des moments magiques dans les alpages(beaucoup plus magique que mon quotidien d'étudiante à Lyon -_-). J'aime bien cette ville mais j'avoue que les fois où je retourne dans les terres froides ou que je fais une petite virée dans un des massifs, ça me fait un bien fou. J'en ai souvent besoin.<br /> Sinon, à ce que je vois, tu as toujours autant de facilité de te souvenir des vaches ^^ J'avoue que moi aussi je trouve ça hallucinant vu le nombre de ferme que tu as fais au total.<br /> Mis à part ça, vivement qu'on se revoit!
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