Sur la ferme où je suis embauchée pour remplacer, on a, comme je l'ai déjà évoqué, une cinquantaine de vaches laitières. Une grosse cinquantaine. (52 en traite, plus deux taries dans le troupeau, plus une à la gestation arrêtée qu'on engraisse).

Pour la salle de traite, comme je l'ai déjà dit, c'est une tpa (traite par l'arrière) de 12 postes.

8 avec décro, et 4 sans.

En fait c'est une ferme "mutante", toujours en évolution, la salle de traite a été faite par Aimable-Charmant, l'associé avec lequel je travaille le plus, en deux fois (au moins) : d'abord les 8 places, puis une extension a été réalisée pour passer à 12.

Il faudra que je revienne sur cette capacités que les frères ont à évoluer, à projeter.

Hier encore ils discutaient d'une amélioration, des barrières à mettre au bout de l'aire d'attente pour que les vaches ne viennent pas salir (ils sont névrosés de la propreté) et qu'elles arrêtent de bouloter la griffe du bout de quai. C'est quelque chose à voir, ils discutent d'un truc, regardent un peu, rediscutent, et paf ! on revient quelque temps après et ça a changé.

Quand je discute avec Aimable du passé de la ferme (ce que j'adore, j'aime entendre les histoires des fermes et des bâtiments), je reste scotchée : dans la salle de traite des vaches, avant il y avait le petit roto des chèvres, qui a été déplacé là où est la salle de traite actuelle des chèvres, puis quand le roto a rendu l'âme, un quai de traite a été fabriqué.

Ce n'est pas fini, tout est encore en train de changer.

Il faut quand même souligner que ce n'est pas courant dans le milieu agricole, autant de mouvement.

 

Bref.

 

La semaine passée, j'y suis allée tous les jours : soit en pesée, soit pour traire, je n'ai pas décoincé.

Le mercredi soir, Aimable n'était pas là, donc je trayais avec son frère. Des vaches étaient en chaleur, donc on les a attachées dans les logettes après la traite pour qu'elles ne mettent pas trop le bazar pendant la nuit.

Jeudi matin, traite avec Aimable, en nettoyant les logettes on se rend compte que deux des vaches se sont détachées. Bon, ça arrive.

 

On passe le premier quai, on n'a même pas le temps de laver les premières vaches que... pouf. Celle qui était très agitée la veille, qui s'est détachée dans la nuit, a fait la foire toute la nuit, est fatiguée.

Elle s'est couchée en plein milieu de la salle de traite.

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Pas moyen de la lever, on finit donc de traire le quai, elle se lève quand on ouvre la salle de traite, on l'intercepte, la repasse au troisième quai.

Là, on a le temps de la laver, de la brancher... et pouf.

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Trop trop fatiguée !

Bon, du coup, on ne l'a pas traite. Mais dès qu'elle est retournée avec les vaches, elle s'est remise à cavaler, chevaucher les autres, courir partout... On l'a donc rattachée dans la logette : il est encore trop tôt pour la réinséminer.

Je n'avais encore jamais eu de vache qui se couche en salle de traite parce qu'elle a trop fait la bringue ! Maintenant, c'est fait.

 

Comme quoi, on en apprend tous les jours...

(vous remarquerez au passage la propreté des tapis et sols de la salle de traite - hormis les bouses de la vache couchée, la 0906 (Aimable ne retient pas les noms, donc il ne les baptise plus, à mon grand regret, qui ne retiens pas les chiffres...), puisque la salle de traite est lavée à la brosse et au savon après chaque traite, tout est nettoyé au surpresseur, et rincé au gros jet d'eau entre chaque lot ou presque...)