Un peseur laitier est un employé du Syndicat du Contrôle Laitier. Il travaille avec les contrôleurs laitiers, les conseillers, et les éleveurs.

 

Le contrôle laitier est un service, payant (évidemment) proposé aux éleveurs laitiers, bovins, caprins, ovins.

 

Suivant la formule souscrite par l’éleveur, une ou deux fois par mois (deux traites qui se suivent, matin-soir ou l’inverse, ou seulement une traite, en alternance : matin un mois, soir le mois suivant) un agent (contrôleur, peseur) assiste à la traite, mesure la quantité de lait produite par l’animal grâce aux true-tests, appareils calibrés qu’on branche en dérivation sur le tuyau de lait des griffes, et qui prélèvent en même temps. Ou en pesant le lait à l’ancienne, avec un crochet peson, pour les traites au pot.

 

A chaque bête, l’agent prélève un peu de lait, qu’il réserve dans un flacon numéroté.

Les échantillons sont envoyés à Cézeyriat, dans l’Ain (en ce qui nous concerne), où ils sont analysés pour évaluer les taux butyreux (matière grasse), protéiques (matière sèche) et cellulaires (inflammation, infection... de la mamelle ou de l’organisme). Les cellules sont plafonnées à 200.000 ou 300.000/mL de lait, suivant les laiteries. 

A noter que, maintenant, on peut également déterminer le statut gestationnel des vaches, à la demande.

 

Suivant le choix de l’éleveur, il peut recevoir les résultats tels-quels, ou avoir un "conseil" avec : dans un cas comme dans l’autre, ces analyses servent à évaluer la santé de la mamelle et de la bête en général (l’éleveur de lundi m’a montré une vache à qui la véto à fait une ablation totale d’un onglon postérieur : elle avait une infection profonde dans l’onglon, qui ne passait pas, il a fallu amputer. Cette vache était à plusieurs millions de cellules ; du jour où l’onglon a été enlevé, le taux est redescendu d’un coup, et elle fait partie des plus basses à présent), l’état de la ferme (une mauvaise hygiène ou routine de traite, un paillage insuffisant, un curage trop rare... peuvent provoquer des cellules), de la machine à traire (mal réglée, une machine à traire provoque aussi des cellules, la prolifération de germes, et des blessures), la composition de la ration (une ration mal équilibrée donne des taux inappropriés, voire des cellules, encore).

 

Les techniciens, conseillers... peuvent avoir des entretiens particuliers avec les éleveurs, au cours duquel ils analysent toutes ces données et donnent des conseils adaptés et personnalisés à l’éleveur et sa ferme.

Mais ça, c’était la branche de Philomenne, que vous pouvez lire ici.

 

J’ajouterai aussi que le peseur n’est pas simplement le gus qui vient poser ses flacons dans la salle de traite ou l’étable mensuellement. C’est aussi un lien hyper important entre les éleveurs (même si on est soumis au secret professionnel, évidemment), avec le "monde extérieur", un interlocuteur privilégié pour plein de choses : pas vraiment un ami, mais plus qu’un étranger, souvent les éleveurs se confient.

En plus le peseur a son passé (bon, moi, c’est particulier je crois), et l’expérience des autres fermes, des autres systèmes. 

De passage, il voit plus facilement les dysfonctionnements, et les solutions possibles.

 

J’ai un souvenir fort d’une discussion que j’avais eue avec mon ami Nicolas, peseur Breton perdu en Haute-Savoie : on fait partie, les contrôleurs, peseurs, conseillers, remplaçants... d’un genre de "péri-agricole" ; souvent perçus comme des touristes par les éleveurs (on est salariés, hein... donc les congés payés, etc... même si on ne les prend pas, on a l’étiquette), finalement on vit autant qu’eux les difficultés quotidiennes du monde agricole. Les liens qu’on tisse avec certains font que les problèmes nous font souffrir autant qu’eux ; et étant les représentants des bureaux qui font payer leurs services, on s’en prend, aussi, souvent plein la gueule. 

Des fois c’est lourd.

(D’ailleurs, Nico, si tu as des trucs à rajouter... n’hésite pas ;) )

 

En résumé, la pesée, c’est quand même important. Moi, quand j’étais vachère, j’aimais beaucoup les jours de contrôle, ça me permettait de revoir les peseurs, que j’aimais beaucoup, et de prendre des nouvelle de mes agriculteurs et mes troupeaux.

Nico (toujours lui) les connaissait presque aussi bien que moi, ce qui nous permettait de parler de vaches en particulier...

 

Demain je pèse chez le gars qui déneige le secteur, il m’a dit que peut-être il sera en retard, suivant ce qui tombe cette nuit. Il trait au pot.

C’est pas grave, j’ai toujours un livre dans mon sac, et au pire, je ferai le fumier et monterai les pots en attendant...