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Il a commencé de façon fracassante avec sa fugue sans conséquences de l'autre côté de la montagne ; il a continué toute la semaine.

Je parle évidemment de Lazare, qui, depuis quelques jours, est infernal (quoi que ce matin, ça a l'air plus cool).
Je ne sais pas si c'est le vent, la neige, la pluie, les éclaircies, le froid, ou tout mêlé, mais il passe son temps à chercher les conneries, et à défier l'autorité (c'est à dire moi).
Il commence dès le réveil : quand je vais leur ouvrir, il sort de l'enclos dans l'écurie, trèèèès lentement, et, alors que Ladakh sort, lui il fait demi tour et file dans l'autre partie du bâtiment, qui ne leur est pas autorisée.
Dès le départ il a une attitude à claques : oreilles dressées en arrière, tout hérissé, la queue en pétard retournée sur le dos, tête haute... C'est simple, on dirait son père.
Et il n'a absolument rien à foutre de ce que je lui dis.
Il fait exprès de faire ce qui est interdit : monter sur le toît du four, ou, comme mercredi,  ouvrir la porte de la cave pour aller y foutre le bordel. J'avais le bébé dans les bras et n'ai pu le chasser assez vite, il a eu le temps de manger presque un demi kilo de carottes, un poireau, et de retourner toute la cave. Joie.
Quand j'ai pu l'engueuler, il m'a regardé et s'est éloigné d'un air hautain, genre "personne n'a autorité sur moi".
Ça me fait franchement rigoler, je ne peux pas le nier, même si c'est parfois emmerdant.
Hier, quand le propriétaire est venu livrer la remorque de bois qu'on avait chargée, j'ai voulu chasser la faune du passage pour qu'il puisse manœuvrer ; Ladakh, bien que tête à conneries, est beaucoup plus facile finalement, il m'a suivi sans râler.
Lazare, lui, j'ai dû le trainer par le collier, et il a réessayé plusieurs fois de passer entre mes jambes, à côté, parfois en courant.
Juste par esprit de contradiction, pour rien d'autre ! 
Et toujours avec cette attitude de dominant !
Il a même tenté la provoc ultime : il s'est mis en position et attitude de combat : tête basse, oreilles dressées en arrière, hérissé, la queue retournée... 
Il était très beau.
Mais je ne me suis pas laissée impressionner, et il a rapidement laissé tomber.
Le pire, c'est que "il est grand maintenant", probablement trop pour des câlins, d'après lui. Il adopte la même attitude quand je veux le caresser.
Cependant, il continue de bêler pitoyablement pour appeler sa môman quand je m'éloigne à pied rapidement...
Je préviens les garçons de ne pas abuser quand il est de cette humeur. Il n'a pas de cornes et n'est pas bien gros, mais s'ils le brutalisent, même à peine, injustement, qu'il lui font peur, ou font simplement un peu trop d'autorité, ils risquent de le braquer pour de bon.
Ladakh est beaucoup plus dangereux avec ses cornes, il a vite appris à se tenir : je ne tolère pas le moindre mouvement de cornes à mon égard, que ce soie de l'agacement ou de la colère. Parce que c'est moi, mais ça peut être les enfants aussi... Et en retour, j'interdis aux garçons de le tirer par les cornes quand il n'a pas fait de bêtises, il a un collier, c'est pas pour faire joli.
Pour Lazare c'est plus délicat, il faut décoder les attitudes et le regard.
Je crois que c'est la première fois qu'il teste et remet en question comme ça. Il doit se sentir assez fort maintenant.
Ça n'empêche pas qu'on joue à la bagarre, mais je veille à ce que ça reste un jeu.
Ce matin, il était tout bien. Un peu réticent à faire un câlin au début, et puis... Il s'est détendu.
Un peu déçue, j'aurais voulu le prendre en photo quand il fait le beau. Ça sera pour la prochaine fois.
Je verrai plus tard dans la journée, mais j'ai l'impression que la crise d'ado est passée.
Ça va, si c'est toujours aussi simple....

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Le chat sur la photo, c'est la chatte qui était ici quand on est arrivés ; maintenant elle rentre d'elle même dans la maison (il y fait chaud), et ça s'est apaisé avec les autres bêtes...