C'était le titre d'un de mes articles, sur un de mes blogs d'adolescente.

Mais il convient encore.

 

Depuis lundi soir, je suis en congés, pour au moins deux semaines. Je crois qu'on est mercredi matin, à 6h je me suis réveillée, la douleur lancinante dans mes reins m'empêchant de rester couchée plus longtemps.

J'ai ouvert les yeux, senti l'Apprenti, chaud contre moi, vu l'heure au plafond.

Je sais que je ne travaille pas, que je peux me rendormir, mais j'ai mal. Tant pis, je me lève.

 

Je tourne un peu en rond dans l'appartement, les chiens ensommeillés me saluent vaguement de la queue battante, les chats viennent s'enrouler silencieusement autour de mes chevilles.

La rate ne dit rien ; elle est morte ce week-end, je l'ai enterrée à côté de la place favorite de Flora, à la ferme, dans le pré.

Les yeux encore collés, pas très assurée sur mes pieds, jambes tremblantes, je me fais un café, et le bois en survolant le net.

J'en ai un peu rien à foutre, c'est histoire de m'occuper, de reprendre pied.

 

Je repense à tous mes rêves, j'essaye de les reconstituer, mais sans résultats. De toutes façons, ils étaient éphémères, agréables, oniriques.

 

Le petit Chacal vient se coller contre ma cuisse, sa patte posée sur mon genou. Une caresse, et je lui ouvre la terrasse, qu'il puisse aller pisser. Il revient une fois son affaire faite, en glissant sous la barrière, puis retourne se coucher.

 

Je crois qu'on est mercredi. Je ne sais pas si c'est un rêve ou si c'est vrai, mais il me semble qu'hier, il faisait grand soleil, quand je me suis levée dans l'appartement vide pour boire un coup.

D'après l'ordinateur, on est bel et bien mercredi. J'ai reçu des sms, datés du 13 mai ; je ne sais pas quand c'est, mais ce sont des messages doux, gentils, qui font chaud. Merci. Je réponds que je me lève, je verrai plus tard pour la suite.

Normalement, à cette heure-ci, je finis mon tour dans l'écurie. Là, je vais aller me doucher et laver mes cheveux.

Essayer de nettoyer toute la crasse, partout, dedans et dehors, me vider la tête sous la douche.

C'est peut-être le manque de nourriture qui me rend fébrile. Je n'ai rien mangé depuis lundi soir.

 

C'est la première fois, je crois, que je ressens ce sentiment d'irréalité, de vide, de flottement.

Une journée entière de ma vie a disparu ; une bonne trentaine d'heures a défilé en rêves dans mon esprit, c'est déjà arrivé, mais j'avais quelque chose ensuite, je retournais travailler après. Là, il n'y a rien.

 

Un pied dans le sommeil, un pied dans la vie, je réalise petit à petit que trente heures de ma vie sont passées dans un trou.

On est bel et bien mercredi. Et peut-être que je vais dormir encore un peu.

Je m'en fous, je n'ai rien de prévu.