Gardiennage d'une ferme presque en montagne, vendredi samedi dimanche, 20, 21, 22 septembre.

Samedi soir concert metal, dans une toute petite salle, un bar plutôt.

Rentrée vers 2h du matin, couchée autour des 2h30, 3h.

Réveil à 4h30, pour commencer à soigner à 5h30.

Pleine lune, cauchemars, rêves vaseux, insomnies.

Lever laborieux, deux cafés plutôt qu'un, rien dans le ventre depuis trois jours, fatigue, néons blafards, radio.

 

Aretha Franklin chante, pendant que j'attache le veau né dans la nuit sans complications.

 

Echange de regards, dans cet état semi-comateux, au milieu de la salle de traite. Douceur des yeux, impression de décorporation, la douleur sourde, le poids dans la poitrine, lancinant, depuis des mois. Fatigue morale, épuisement physique, hypersensibilité à tout.

Les cornadis, la chanson familière et nouvelle à la fois, les odeurs de vache, de sciure, de lisier, de foin.


Ici et pas tout à fait là. Regards qui se croisent, se hapent.

Enfin le contact, suspendu, entre ciel et terre, carrelage et néons, dans les odeurs, les bruits, la fraîcheur et la chaleur.

Le temps s'étire, se délite, je pourrais presque m'endormir, là, au chaud, le nez enfoui dans cette odeur rassurante, à l'abri.

Un calin infini qui dure le temps d'une chanson.

 

Et puis... Il faut reprendre pied. Détente me rappelle à l'ordre, la mamelle lui tire.

Redescente en douceur sur le caillebotis des vaches.

 

Une autre facette des dimanche matin.