L'article de Philomenne est super bien foutu et explique bien.

 

Dans la contention, il y a aussi les différents types d'entraves.

Le serre-jarret, le "flanc", qui les empêchent de balancer des coups de pied. 

La mouchette, une pince à nez qui les calme en même temps qu'elle immobilise. 

Les différents types de "bondage", ficelages divers et variés avec des cordes pour obtenir tel ou tel résultat, qui va de maintenir un pied levé sans contrainte à faire "tomber", coucher une vache en douceur, en appuyant sur des points névralgiques simultanément.

L'anti-ruade, une "pince" à vis qu'on place devant les hanches, pour empêcher de ruer ; ça, on peut aussi le remplacer par une corde serrée au bon endroit (devant la tétine et devant les hanches).

 

Parfois, le simple cornadis ne suffit pas ; et des fois, c'est même limite.

 

Une jeune vache, premier veau, a un quartier qui se trait mal. On s'en rend compte presque tard, le premier jour ça va moyen mais ça trait un peu, le deuxième ça trait pas. 

36h après la dernière traite "bonne", on décide de tenter quelque chose, bidouiller...

Pas moyen de tirer une goutte à la main, "à l'arrache".

 

Pas de sonde dans la pharmacie : une sonde, c'est une tige creuse, percée de deux (?) trous, au bout arrondi, et longue de presque dix centimètres. On l'introduit dans le canal du trayon, pour que le lait s'écoule seul sans qu'on aie besoin de "brutaliser" le sphincter.

On a donc récupéré un tube d'antibio intramammaire dans la poubelle, on l'a lavé, nettoyé, relavé, désinfecté.... et on a essayé de le glisser comme prévu dans le canal.

Coups de pied, tout a volé.... deux, trois tentatives...

Les patrons ayant d'autres trucs à faire, je finis par bloquer mon Ethiopie au cornadis, flanc droit contre un mur, dans une zone bien éclairée.

Je viens tenter de l'immobiliser avec l'entrave de flanc. C'est un tube courbé réglable, qui relève la peau devant le grasset, et "croche" les vertèbres derrière les hanches. Ca bloque un nerf/muscle, d'après ce que j'ai pu observer, situé dans cette zone de peau. Ca ressemble à ça.

 

Quand on leur pose, les vaches réagissent différemment. Certaines ne bronchent pas, d'autres se couchent (oui, carrément ! ), d'autres s'enroulent autour, et certaines ruent, sautent sur place, et finissent par l'éjecter. Violemment. 

 

Là, Ethiopie m'a fait la totale, en essayant de se pendre au cornadis (ou de l'arracher) alors que j'avais même pas crochée l'entrave...

 

Bon.... 

 

Comme le dit sir bien Philomenne, le but c'est pas d'y laisser sa peau. Et j'ai une vache qui doit souffrir.... On a pu tirer trois gouttes de lait, le canal est pas bouché...

 

Donc j'y vais "à l'ancienne et à ma façon".

 

Avec toutes les fermes que j'ai faites, les vaches que j'ai traites et soignées, j'en ai croisé des putes...

Je pends l'entrave au cornadis plus loin, et commence l'approche... droit, franc, calme, sur la cuisse, le haut, en dessous du bassin. Je fais des grandes caresses calmes, fortes. Je gratte l'échine, masse l'épi au milieu du dos, redescends sur la cuisse, gratte la peau douce du pli de la queue.

Je me colle à elle, ma cuisse droite et tout mon côté contre sa cuisse gauche, collée serrée. En léger équilibre, en tension, pour pouvoir sauter...

Je touche le ventre, reviens sur la cuisse, descends vers la tétine.

 

La mamelle est souple, pas particulièrement chaude. C'est bon signe.

Je chope le trayon, gratte les croûtes au bout, puis tire quelques jets. Rien de très convaincant, elle piétine, aime pas trop, mais ça va. 

Va falloir mettre la "sonde"... C'est plus compliqué, puisque à partir du moment où je me suis collée à elle, ma main droite la grattait vers la queue, sur le dos, tandis que la gauche bossait.

Là, pour mettre le tube, il me faut mes deux mains : une pour tenir le trayon, l'autre pour mettre l'embout. 

Je perds du coup mes "antennes manuelles", qui me permettent de prévoir les mouvements de la vache plus "haut" dans les muscles. 

 

Encore plus sur mes gardes, je tente l'introduction. Elle aime pas. Je m'y attendais, elle shoote. 

Et bien hein ! un bon coup de pied, circulaire, qui fauche si on fait pas gaffe. J'ai eu le temps de sauter. 

Je suis pas fière, j'aime pas me faire latter, et y'a toujours le risque qu'elle touche autre chose que les jambes... A choisir je préfère me faire péter une jambe que la tête, mais honnêtement, j'aime mieux ne rien me faire péter du tout.

Je reviens, recommence.

 

Cette fois ci, ça va... Je ne lui ai pas mis de croquettes devant le nez, du coup elle tire en arrière, donne des grands coups pour essayer de sortir du cornadis.

A force de gigoter, elle arrive à jarter le tube.

Rebelote.

Et rebelote.

 

Je me décide à lui mettre le seau de croquettes qu'on utilise pour appâter devant le nez. Elle lui fait un sort pendant que je remets le tube et regarde pisser.

 

Des fois je la caresse, des fois non, je bouge, la touche... Elle aime moyen, mais faut bien l'apprivoiser un peu, d'après les patrons elle a toujours été un peu crétine. Régulièrement, elle sort le nez du seau pour plaquer la tête contre le cornadis et me regarder. je fais bien attention à toujours rester dans son champ de vision, et à lui parler.

 

Finalement, le jet a diminué, je masse un peu le quartier, ça recoule, mais rien de transcendant. 

Elle n'est pas "égoutée", mais bon... Je pense qu'elle en a eu assez là.

Je retire doucement le tube, la caresse, la félicite. Elle s'est torché les croquettes.

 

Je la libère, elle s'en va, relativement calmement, la connaissant. J'ai pu faire mes soins sans contention "majeure", juste le cornadis et un seau de granulés. Et mon corps.

 

 

Une ou deux heures après, le véto arrive. Les patrons sont là.

Ils la rebloquent au même endroit, même place. 

L'un lui met la mouchette et lui coince/plaque la tête contre le cornadis, l'autre lui met l'entrave de flanc et en prime lui tient et tord la queue (ça aussi, ça bloque un nerf quand c'est bien fait).

Ca paraît très violent décrit comme ça ; mais ça ne l'est pas forcément.

 

J'ai prévenu, plusieurs fois, qu'il ne valait mieux pas mettre le flanc, qu'elle supporte pas, que j'ai pas pu la mettre.

Sans effet.

 

Le véto arrive, et, comme on en a parlé après, a préféré se mettre très loin pour éviter les coups. (soit on se met tout contre, soit très loin. Y'a pas de demie mesure).

Je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai pas vu ce que bidouillait le véto. 

Mais la vache a sauté en l'air en hurlant, les deux postérieurs en l'air, le corps tordu vers la gauche.

Le véto s'est bouffé un méga coup de pied dans le genou.

Le patron, derrière, a failli recevoir, et a tenté de récupérer l'entrave, que la vache a fini par éjecter à trois mètres. On a retrouvé le matos du véto éparpillé un peu partout, elle avait tout fait voler.

 

Finalement ils ont laissé tomber, relâché la vache. 

J'ai récupéré une boite de mèches dilatatrices, je crains un peu les poses, mais je sais que je veux m'en occuper.

 

Peu après, mon patron m'a dit "tu sais, quand t'étais seule avec elle que tu voulais lui mettre le tube, tu m'as fait vraiment peur, elle aurait pu te faire passer les barrières, les logettes, t'envoyer dans le mur...."

J'ai vaguement essayé de lui faire comprendre que j'en ai connu des pires, des vicieuses, des méchantes... 

Mais bon... 

Il a l'âge de mon père, je vais pas lui faire accroire que j'ai plus d'expérience que lui !

 

Mais n'empêche... j'ai dans l'idée que l'entrave de flanc était de trop....