Il y a deux ou trois semaines, une vache est arrivée chez Asimov : Collégienne.

Une super laitière, mamelle un peu décrochée, mais bon... C'est le maquignon qui l'a posée.

 

Elle n'a pas encore trop le coup, du coup il faut lui rappeler de passer au robot.

 

Ce matin, je glandouillais un peu en raclant les logettes, les robots, bricater sans trop de conviction : tout début de journée, il était 6h30-40, pas mal de vaches en retard, j'avais sélectionné les "récidivistes", et je regardais le troupeau en rêvassant. 

 

Le patron corseté était en train de distribuer du foin (à l'autochargeuse-distributrice, vu que le stockage n'est pas dans le même bâtiment ; on charge au pont roulant), ça faisait une poussière pas croyable, toutes les vaches étaient au cornadis, quand je vois passer, de l'autre côté des deux rangées de logettes face à face, ma Collégienne...

Elle était au milieu de la travée, cherchait une place pour manger. Pas très réveillée, j'ai commencé par penser "tiens, Collégienne, faudra que je la passe..." et puis j'ai appelé, à tout hasard...

"Stop ! Collégienne, viens ! le robot est libre ! viens voir !"

Ma vache s'est arrêtée, a tourné la tête vers moi, puis, tout naturellement, a fait demi tour pour longer les logettes dans l'autre sens, en direction du passage le plus proche, et m'a rejointe...

 

Une caresse, elle est rentrée dans le robot et la matinée a continué.

 

C'a été une bulle d'irréalité de bon matin, au milieu du bruit (le 312 plus l'autochargeuse, ça résonne) et de la poussière... j'ai appelé sans hurler, et... elle m'a entendue et comprise. 

 

C'est le genre de petites choses qui déterminent une bonne journée... Des petits plaisirs comme ceux-ci....