Arrivée à la ferme le matin, il est 6h. Etrange atmosphère.... Je ne vois pas toutes mes vaches. J'avance dans le couloir.... Des dalles de caillebotis se sont brisées, sont tombées, devant le DAC. Plusieurs de mes vaches sont tombées dedans, mortes... une oreille dépasse du lisier...

 

Je vais faire la tournée des génisses, au parc. C'est l'été, il fait doux, ça sent bon, elles sont dans des prés incroyablement verts, sous des arbres fruitiers, couchées. Je m'approche pour les voir de plus près, doucement, doucement... Je m'accroupis près de l'épaule de la plus grosse, commence à la caresser, et m'approche de plus en plus doucement. Finalement je m'assois contre elle, qui pose sa tête contre moi, entre mes bras, sur mes genoux. Je suis bien, il fait chaud... On s'endort comme ça. 

 

Il fait nuit, en ce moment je suis "brouillée" avec mon poneydragon. On ne s'entend pas trop bien. Je vais la trouver au parc. Elle vient me voir, on échange des caresses, puis je monte sur son dos. On part pour une cavalcade infernale, sans dominations : elle n'a rien, ni bridon, ni licol, ni selle... petit à petit on se met sur la même longueur d'ondes, et je n'ai qu'à penser les choses, les actions, pour qu'elle les exécute. 

Finalement, on revient, d'un commun accord, au pré. Je me laisse glisser de son dos, le contact avec la terre, passer du statut merveilleux de centaure à celui de piétonne empotée me perturbe. Je reste contre elle un moment, puis on se sépare. 

 

Ma voiture, depuis quelque temps, me fait des galères, il faudrait que je change les plaquettes. Je descends d'une ferme, en montagne, quand les freins lâchent. J'arrive à gérer la descente au frein moteur, je peux enfin m'arrêter, sur un parking, en bas. Je respire. 

On se regarde, avec le Monstre, et on rigole, soulagés.

Lui il s'en fout, il me fait confiance.

 

 

Quand je parle avec des gens qui ont des nuits "noires", calmes, sans rêves.... je ne comprends pas.

J'ai toujours eu une vie onirique très très très active ; et je me suis toujours souvenue de mes rêves, entiers ou par bribes. 

J'ai souvenance encore de rêves ou cauchemars que j'ai fait vers 2, 3 ans....

 

J'ai des périodes affreuses, cauchemars à la chaîne, dont je me souviens ou pas ; et d'autres où je rêve du quotidien, du tout venant. 

Je rêve de mes amies, de mes lectures, de combats épiques, de promenades... Mon quotidien se mixe étrangement pour créer mes nuits.

J'ai relu la série "Uglies", là je suis dans les Pennac - Au Bonheur des Ogres, et autres.

Ca donne des nouvelles dimensions à ma double vie.

Les "Uglies", je les aime tout particulièrement pour le côté futuriste, et les aventures qu'ils me procurent, notamment voler.

Quand j'avais lu "l'Atlantide", gamine, j'avais respiré sous l'eau pendant des semaines.

 

Je règle également beaucoup de mes "frictions" avec les bêtes de cette manière. Comme par exemple le rêve avec Poneydragon que j'ai décrit plus haut, ou quand une bête mal en point sans que je sache pourquoi "m'explique" ce qu'elle a.

Peut-être une communication télépathique qui s'instaure pendant mon sommeil, peut-être que, la nuit, je fais le lien entre les choses et les faits et les comprends.

 

Le Monstre est très rarement présent dans mes rêves ; mais c'est une "sentinelle" de mes nuits, qui les vit aussi, je n'ai toujours pas compris comment : quand je fais des cauchemars, il s'agite, pleure, avant que moi je ne m'agite ; quand je suis dans des rêves trop horribles, ça lui est arrivé de venir me réveiller.

De me poser des questions par rapport à ça fait une drôle de mise en abîme, puisque je finis par en rêver ! 

 

Quand je repense au Viking, qui ne rêve jamais ou presque, à ceux qui ont un sommeil de plomb, je me demande comment ils le vivent.... Même si je ne me souviens pas de mes rêves, je sais que j'ai rêvé ! et les très rares nuits où je suis "tombée dans le coma" me semblent fades...

 

Vous avez dû le comprendre, je suis passionnée par cette double vie que j'ai.... d'autant plus que je suis presque toujours "consciente" que je suis en réalité en train de dormir, et quand je vois mes bêtes massacrées, noyées ou autre... je sais que c'est "pour de faux". Le matin, j'ai toujours une petite appréhension, me demande si ce n'était pas prémonitoire... Jusqu'à présent, ça ne m'est jamais arrivé.

Et en général, même en sommeil, je sais d'où me viennent les éléments : pour les caillebotis, ça peut être parce que j'ai lu un truc dessus, j'ai vu une dalle de béton fendillée ou même simplement sale et qui donne l'impression qu'elle est brisée ; pour les freins de la voiture, c'est parce qu'effectivement je dois le faire ; etc...

 

Arrêter de rêver me parait inconcevable, comme de respirer ; et j'en suis venue à aimer même mes mauvais rêves... et je les laisse se dérouler, les pousse à se finir, jusqu'au bout. Pour savoir la fin... Pour le plaisir, même, d'avoir peur "pour de faux".

Parce que les films d'horreur et les livres d'épouvante ne me font plus rien... Sauf quand j'en rêve !