Deux jours avant la fin de la première fois "pour de faux", coup de fil du Big Boss : après-demain tu vas là haut, chez Madame Ursulla.  Il me dicte le nom, le numéro de téléphone... 

Et l'angoisse recommence. 

Déjà, téléphoner à Madame Ursulla. Arriver à la joindre. Tomber sur l'une ou l'autre de ses filles, puis, enfin, sur elle.  

Au téléphone, elle est assez froide, me dit que je la rejoindrai directement à la salle de traite mobile, parce que la ferme, je trouverai jamais. Elle m'explique où est la salle de traite, c'est sur l'alpage au dessus du village où j'habite. 

Moi, en même temps, je cherche sur ma carte, bafouille, fin bref... Elle a pas l'air au courant que je commence, que je suis pas d'ici... 

 

Je suis super contente, sitôt raccroché j'appelle ma mère. "Maman, demain je fais ma première vraie "mission", et je vais traire en alpage ! depuis le temps que ça me faisait envie, quand on voyait les salles de traite, quand on randonnait ! " 

 

Le matin, en avance de dix minutes, je commence à déchanter : déjà, ça caille. Ben oui, à presque 1300m d'altitude, 6h du mat, ça pèle. J'avais que mon pull... Faut dire que la veille, j'étais en short et t-shirt. 

 

Elle arrive, a l'air assez sèche, une grande (autant que moi, 1m78) femme, jeune, cheveux très courts, que je trouve très belle. 

On va chercher les vaches, on attaque à traire...  

 

Je suis un peu larguée, y'a un genre de grosse boule dans le coffre de la voiture. Ca s'appelle une boule à lait, c'est un genre de "tank de transport", ça refroidit pas, c'est juste pour stocker. 

Elle ouvre l'abattant latéral de la salle de traite, où il y a le moteur de la machine à traire ; visse le tuyau du pipe-lait au sommet de la boule, démarre le groupe électrogène (y'a pas d'électricité au milieu des alpages), la machine à traire.... 

 

Finalement, l'alpage, c'est pas si classe : on se pèle le cul s'il fait pas beau, ou si on a pas pris de manteau ; c'est HYPER bruyant, c'est un coup à devenir sourd : entre le groupe, la machine à traire, et les cloches des vaches.... 

 

Fini la traite, on repousse les vaches dans leur pré de l'autre côté de la route (oui, là, la sdt était sur un parking), et on redescend, je la suis. 

Le coin est magnifique, la vallée mérite bien son nom ! 

 

Arrivées en bas, effectivement, la ferme, je risquais pas de la trouver !  

On vide le lait dans le tank avec la pompe, puis on lave la boule, façon "machine à traire", avec la pompe encore, pour faire tourner le lavage. 

On fait boire les veaux, etc.... 

Et puis faut faire les foins quand même, elle m'a pas pris pour rester à glander. 

 

Bonjour Landini, moi c'est Vachère, c'est moi qui vais te conduire pour pirouetter. 

 

La patronne m'explique le fonctionnement de la bête : pour démarrer, bien être au point mort, etc... 

Bon, il est un peu capricieux, tout ça, si ça va pas je téléphone.  

Elle a oublié de me préciser que si la prise de force est enclenchée, il démarre pas.  

Je sais plus comment je me suis démerdée, mais effectivement, j'en ai chié !